mercredi 20 juillet 2011

Le point sur ma dispo

Yann : "J'ai vu ton nouveau blog !"
Moi : "Oui mais je ne le tiens pas !"

J'ai eu plusieurs idées d'articles ces derniers mois mais je n'ai pas pris le temps d'écrire...

J'ai commencé depuis 20 jours mon année sabbatique, enfin plus exactement je suis en dispo depuis 20 jours. Je ne sais pas quand je vais reprendre ni même SI je vais reprendre mon métier d'instit à l'école publique.

Au cours de ces cinq années d'enseignement à l'école de Saint Silvain Bellegarde, j'ai pris beaucoup de plaisir, même si c'était moins vrai depuis les dernières vacances de printemps, à aller à l'école chaque matin, à contempler le paysage, à mettre la clé dans la serrure, à entendre les premiers élèves arriver et à passer des journées de 6h enfermés à environ 20 personnes dans ces quelques mètres carrés.

Avec seulement quelques jours de recul, je dirais que ce qui m'a le plus plu c'est :
- la vie, les échanges avec ces 51 enfants, les cinq voyages, le plaisir de les voir s’épanouir, se révéler, progresser mois après mois.
- la réflexion, la recherche, l'expérimentation sur comment permettre l’épanouissement de chacun afin que tous puisse s'engager dans la voie de l'autonomie qui permet d'être l'auteur de sa vie et bien sûr, fonctionnariat de l'Education nationale oblige, afin de leur permettre d'acquérir les apprentissages fondamentaux ?
- l'observation de chacun, la découverte de chaque personnalité, l'observation et la compréhension des interactions dans le groupe.

Et ce n'est pas, le plaisir d’enseigner les accords du passé composé, les rigolades à se rouler par terre dans la salle des profs, les formations hyper profondes à l'IUFM...

Ce qui aurait pu être mieux, c'est la communication avec les parents, j'aurais aimé pouvoir discuter concrètement de la vie du groupe avec eux.

Ce qui me semble me donner envie de stopper mon métier pour l'instant, en dehors de choix personnels, est :
- l'organisation temporelle des journées, des semaines des années qui ne respectent ni le bio-rythme des enfants ni les cycles de la nature,
- l'organisation spatiale qui nous fait vivre dans une concentration plus élevée que des prisonniers sans espace individuel et sans espace aménagé pour les différentes activités,
- le programme à respecter,
- l'homogénéité des classes, deux années seulement dans la même classe,
- l'absence d'un projet éducatif construit avec les parents, les habitants, les élus,
- la place de l'instit omnipotent et tout-sachant, seule référence pour les enfants.

La question de l'éducation continue bien sûr de me passionner et je compte lire, échanger sur la liste CREPSC, rencontrer des collègues "en réflexion", découvrir leur classe, découvrir d'autres fonctionnements que l'école publique, participer au collège alternatif du plateau...

Mon choix de mise en dispo est sans aucun doute une excellente idée !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire