samedi 5 mai 2012

Étiquetée !


Qu’il est facile, reposant et réconfortant de coller des étiquettes aux autres ! Avec ces étiquettes, on explique et comprend tout, plus de questions à se poser. Un peu comme une religion pour expliquer le sens de la vie.

Je réalise, en trouvant des corrélations dans les paroles de mes proches qu’il est bien aisé de me coller des étiquettes et que ça ne me fait pas plaisir, d’autant plus que j’ai en estime le colleur. Qu’on pense que je ne mange pas de beurre ou que je ne suis pas rationnelle, ce qui me déçoit, c’est que mes colleurs n’ont pas suffisamment mis d'attention pour me connaître davantage, me comprendre.
Je ne leur en veux pas pour autant et ne désespère pas que ça s'améliore. Bien sûr, on a tous nos vies, nos expériences bonnes et mauvaises, notre lot de douleurs et de mauvais moments, je crois que les miens, qui font ce que je suis aujourd’hui et qui font que j’ai bien changé, ne sont accessibles ni rapidement, ni facilement. Et qu’il faut vivre suffisamment de moments quotidiens pour commencer à s’intéresser et à comprendre ce que je renferme.
Ce qui me fait de la peine, c’est quand quelqu’un que j’aime s’arrête au bord du chemin, colle une pancarte et n’avance plus, aveuglé.
J’ai évidemment beaucoup à voir dans tout ça, car c’est moi qui ouvre la barrière, autorise les pancartes, détourne certains, n’ose pas allumer la lumière dans quelques recoins, maquille des abords. Naïve, il m’arrive de planter le piquet et de vous fournir colle et papier.

Je pourrais passer du temps à expliquer en quoi mon approche de la santé est scientifique, rationnelle et cartésienne mais il serait sans doute plus utile de connaitre mon parcours, mes difficultés, mes expériences pour la comprendre mon approche. Mais ça, ça en demande de la confiance, du respect, de l’attention, de l’amitié ou de l’amour.

Que faut-il pour être sur ce chemin et ne pas s’arrêter faire du collage ? avoir confiance ? respecter ? avoir suffisamment d’amour pour prendre plaisir à défricher ? s’attendre à trouver un trésor en route ? avoir le courage de s’intéresser à l’autre et ainsi remettre en cause ses propres étiquettes et découvrir son propre chemin ?

Je parle de moi car c’est ma compréhension de ma réalité qui me fait avancer mais j’en tire des leçons au sens général et compte les appliquer directement dans mes relations et mes comportements vis-à-vis des autres. Et, du coup, comme j’ai essayé de ne pas mettre d'étiquettes à mes élèves, je compte être attentive à ne pas en mettre à mes proches, et essayer de les comprendre, plus difficile mais tellement plus riche et plus vrai ! 

Alors plus de phrases en  « tu es comme ci, tu penses comme ça, tu aimes ceci et pas cela… », et j’espère avancer sur vos chemins avec humilité avec des pensées aussi démunies de préjugés que mes mains de pot de colle.

Tiens, pot de colle, j’allais finir par ça, intéressant. C’est qu’une fois la barrière poussée, si le paysage me plait j’ai tendance à vouloir rester l’admirer et continuer de l’explorer (je tombe facilement sous le charme d'un paysage un peu vallonné), et ce qui est pour moi attention, amour et amitié peut vous faire l’effet…d’un pot de colle ! D'autant plus que, comme je le fais remarquer dans le post précédent, du temps, j'en ai ! Et c'est peut-être bien là l'origine de cette réflexion, c'est que, ne "travaillant" pas, le temps et l'attention pour les autres j'en ai, j'en ai ! Conclusion : lâcher-prise sur mes attentes, accepter les différences.



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