vendredi 4 mai 2012

Tu fais quoi ?!


Et toi Emilie, tu fais quoi ?!

J'ai écrit hier ce texte, plutôt pour moi. J'ai quand même envie de passer ma timidité et ma crainte d'écrire des choses peu intéressantes pour le publier ici.

Ah oui, ce que je fais… heu pas évident de répondre c’est un peu comme me demander ce que je bois ou ce que je mange, je peux facilement vous répondre sur ce que je suis en train de manger ou boire au moment présent mais si je dois vous dire de manière générale ce dont je me nourris je vais soit vous répondre vaguement « des choses mangeables que j’aime bien en veillant à ce que soit équilibré et bon pour ma santé », soit vous répondre précisément la liste de tout ce que je mange et là ça risque d’être légèrement long et ennuyeux pour vous !
Alors ce que je fais ce sont des choses faisables que j’aime bien, en veillant à ce que ce soit équilibré et bon pour mon bien-être et si vous voulez des détails, alors voilà : aujourd’hui je me suis encore offert le luxe de me réveiller avec un magnifique spectacle (le lever du soleil sur un champ et une hêtraie avec le chant des oiseaux et le ronronnement de mon chat), j’ai couru, j’ai lu la revue Néosanté, j’ai mangé avec quatre amis, j’ai fait la vaisselle, j’ai appris à une amie quelques éléments d’autoguérison, là j’écris ce texte et bientôt je vais faire cuire des truites fario et des orties à la vapeur pour nos invités. Mais si la question est pour hier, alors je garderais d’intéressant que je suis allée à la pêche avec mon père, que j’ai joué de l’accordéon, que j’ai fait de la balançoire, que j’ai passé une bonne soirée entre amis. Pour ce week-end, j’ai participé à l’événement « de ferme en ferme » en Ardèche, j’étais serveuse dans une grange où avec des amis nous préparions un repas fait de produits de la ferme. Pour la semaine dernière, j’étais en randonnée dans le Vercors avec la plus belle compagnie que je pouvais espérer. Les mois précédents, j’étais bénévole en cuisine au Karnaval humanitaire de Villeurbanne, je rendais visite à des amis en Sarthe, j’allais voir ma grand-mère à l’hôpital, je fabriquais un porte-monnaie en cuir, je passais une journée dans une classe unique (vraiment unique !) dans le Beaujolais, je me cousais une jupe…

Pour résumer, il m’est impossible de vous dire ce que je fais sauf si vous êtes très patient et avez un peu de temps devant vous ! Au moins que par cette question, vous entendiez « que fais-tu pour gagner de l’argent ? » Là, en effet, ça sera plus rapide ! Puisqu’à part les dix euros de vente de mon témoignage d’instit, je n’ai rien gagné en 2012. Par contre, parmi tout ce que je fais au quotidien, je ne doute pas que j’apprends plein de choses qui me serviront à en gagner.

J’apprends, je découvre, je savoure, j’aime.

J’apprends à me déplacer dans Lyon à vélo, j’apprends à faire à manger pour beaucoup de personnes, j’apprends à me servir d’une scie circulaire, à jouer de l’accordéon, à pêcher la truite au toc, à changer une couche…
Je lis des romans d’Elizabeth Gilbert, la revue Néosanté, des livres d’Ervin Laszlo sur une nouvelle émergence de la réalité, des livres ésotériques.
J’écoute de la musique, celle que j’aime depuis des années, celle que je découvre sur les disques durs de mes amis, celle que j’entends chez les autres.
Je regarde des films, mais vraiment pas assez souvent !
Je rencontre des gens, je rencontre les amis de mes amis, je me fais des amis.
Je savoure les sourires de Loha, les levers de soleil, les paysages magnifiques de l’Ardèche, de la Drôme… et j’arrive encore à admirer les courbes peu ambitieuses et monotones de la Creuse.
Je savoure les brossages de dents collectifs dans les différents lieux où je passe.
Je savoure de me réveiller et d’embrasser ces gens magnifiques que je rencontre depuis deux ans.
Je rigole aux blagues, jeux de mots et vannes de mes amis, et aux miennes aussi des fois.
Je prends un ami dans mes bras quand il apprend que sa chérie vient de décéder et je ne sais pas lui dire combien je l’aime et que je suis de tout cœur avec lui.
Je discute spiritualité, sciences, pensée, esprit, mental, ego, temps, réalité, vie en collectivité, bonheur, quantique, santé, éducation, psychologie, bioénergie. Même si je ne parviens encore à bien expliquer ce que je comprends.
Je fais du stop, je prends le train, la voiture ou mon vélo pour aller dans mes endroits préférés : la yourte dans les bois en Creuse, la coloc du Sauze en Ardèche , la coloc de Mermoz à Lyon, la cabane-pentagone vers Saint Gaudens, la coloc de Pisseloche à Felletin…tous ces collectifs peuplés des gens qui m’ont permis de retrouver mon chemin.
Je fais la cuisine, la vaisselle, je passe le balai.
Je vais à des cours de yoga, des concerts, des bals, mais pas assez souvent !
Je fais des stages de clair-ressenti, de bioénergie, de soin énergétique, de réflexologie.
Je fais des soins à mes proches qui le souhaitent.
Je prends soin de moi, je me souhaite plein de bonnes choses, je me pardonne mes erreurs.
J’essaie de me remettre au sport.
J’écris, mes meilleurs moments d’instit, mes états d’esprit, ma lettre de démission, des lettres que j’envoie, ou pas.
Je savoure d’être entourée d’amis, je savoure leur compagnie, leurs sourires, leurs réflexions, leurs câlins, leur intelligence, leur humour, leurs idées.
Je discute avec mes proches de leur vie, de la mienne.
J’arrête là cette liste non exhaustive.

Je savoure ces moments d’incertitudes, d’instabilité, cette période qui peut sembler entre deux eaux, après que je me sois dégagée de ce qui ne pouvait me rendre heureuse, avant que je construise tout ce qui fera mon bonheur. En fait, je suis en chemin et ce chemin compte, même si je suis parfois impatiente d’être bien installée dans une relation amoureuse sereine et passionnée, dans un petit chez nous, dans un lieu collectif plein d’amitié, de richesses, de beauté, comme me l’a fait réaliser Guillaume ce chemin est précieux et je suis bien en vie là déjà, bien heureuse, bien en phase avec moi-même. Et si j’écris tout ça c’est bien parce que dans la société, dans les pensées de nombreuses personnes on est défini, et malheureusement jugé, sur ce qu’on fait, de visible, de lucratif et que je peux sentir par moment des regards qui me disent : tu fous rien, en fait, tu te la coules douce, tu paresses. Et visiblement, j’ai besoin de me prouver à moi-même que ce n’est pas le cas. En vérité, je n’ai jamais été aussi active, ma vie n’a jamais été aussi riche émotionnellement, intellectuellement, culturellement. Oui je ne gagne pas d’argent, oui je n’ai plus de métier et je ne sais pas encore lequel ou lesquels plus vraisemblablement j’aurai. Mais non je ne paresse pas, je me donne du temps. J’ai travaillé cinq ans et j’ai gagné plus de 90 000 euros. A l’avenir je ferai le choix de gagner moins d’argent et d’avoir plus de temps pour ce qui compte vraiment pour moi, et n’a pas de prix.

Bref, je passe des moments exquis avec des personnes adorables à faire des choses passionnantes qui me remplissent de bonheur et de paix, et parfois il m’arrive même de passer des instants délicieux avec des gens exceptionnels à faire des actions épanouissantes qui m’apportent joie et amour.

En fait, ce n’est pas vraiment ce que je fais qui importe mais avec qui et dans quel état d’esprit. Et là, je sais bien ce que je ne fais plus : râler, imaginer le pire, me lamenter, critiquer, m’obstiner dans l’erreur, suspecter, craindre, bouillonner de colère à l’intérieur, m’ennuyer. A présent, j’ai confiance, je positive, j’espère, je respecte, j’observe, j’accepte, enfin du mieux que je peux.

J’ai plein d’envies pour la suite, en voici quelques unes. Je souhaite faire des stages de massages en rapport avec la médecine chinoise, avoir plus de connaissances en anatomie et en psychologie. Je souhaite comprendre davantage ce nouveau paradigme scientifique que j’expérimente et pouvoir l’expliquer. Je souhaite progresser à l’accordéon, danser davantage et apprendre de nouvelles danses, apporter douceur, amour, réconfort à ceux que j’aime, apprendre à utiliser divers outils, cuisiner des petits plats, lire des livres émouvants, voir des films étonnants, écouter des musiques surprenantes (ou dans un autre ordre), me découvrir des talents cachés, voir grandir notre mini-cabanière, approfondir mes amitiés et avoir de bonnes relations avec ma famille, continuer de m’émerveiller devant la beauté de la nature, de la montagne. Je souhaite réussir cette histoire d'amour qui débute.

Et puis ce dont je rêve : participer à la construction d’un lieu collectif avec tous mes amis, où nous aurions chacun notre petit bout d’intimité, et où nous mènerions à bien nos petits et grands projets d’accueil de différents publics pour de multiples activités, de fabrication de belles choses en tous genres et tous matériaux, de culture de divers végétaux cuisinés pour une foule d’hôtes… tout ça avec amitié, beauté, simplicité, humour, amour.

Je crois que le "j" et le "e" de mon clavier ont été usés par ce post !


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