dimanche 3 février 2013

Mémé

Pas de post ces derniers jours, j'étais occupée à dire Adieu à ma mémé.
Ça y est c'est fait, elle est passée de l'autre côté.
De toutes ces années passées ensemble, notre relation a été très intense, pas toujours évidente, toujours très proche et solide.
Je n'oublierai rien de tous ces moments, je te remercie Mémé pour tout ce que tu as su m'apporter.




 Mon hommage :



Ma chère famille, amis et voisins de ma grand-mère, nos amis,
Merci d'être venus rendre hommage à Jacqueline, notre grand-mère aujourd'hui à St Julien le Chatel.

Ca y est mémé, on en a souvent parlé du jour de ton enterrement, ça y est c'est aujourd'hui. Et meme si ce n'est pas facile, comme je te l'avais promis je prends la parole.
J'y ai souvent pensé à tout ce que je voulais dire aujourd'hui, je vais tenter d’être brève et d'avoir la force de lire.

Je ne sais pas grand chose de ta vie, les grandes lignes, celles qui faisaient tes souvenirs. Tu parlais toujours avec une grande nostalgie des bonheurs, de la joie de ton enfance à Néoux avec tes parents, tes sœurs et ton frère. Vous êtes venus vivre à St Julien, au Theil et âgée de 15 ans tu donnais vie à Joel, mon père et décidais de te marier avec Roger pour offrir une vie de famille à mon père. Votre union n'a pas été des plus tranquilles, et même si ça n'a pas toujours été pour le meilleur vous avez vécu 56 ans ensemble, ici à St Julien. Tu as fait toute ta carrière à la poste, à St Julien, à Peyrat, à Chénérailles. Tes souvenirs disaient que tu as aimé ton métier, même si tu regrettais de ne jamais avoir été titulaire. Ce qui t'avais pourtant été proposé à Peyrat le Château, tu refusas ce poste pour ne pas partir sans ton mari, qui ne voulait pas quitter St Julien. Tu as sans doute connu des moments très heureux, tu aimais rire t'amuser, danser, tu aimais les animaux, tes chiens, tes chats, tu aimais très fort ta famille. Perdre l'un d'entre eux était toujours très difficile. En mai 90, ce cancer, la maladie, les hôpitaux, la souffrance mais aussi ton courage et ta grande force. Même si tu n'as jamais retrouvé une santé solide tu as pu vivre encore plus de vingt ans, et profiter encore de quelques plaisirs de la vie.
Tu as attendu Noël pour que nous nous retrouvions une dernière fois tous les six, comme tu aimais tant. Tu aurais aimé attendre encore pour connaître plus de nos vies à Nico et moi, être encore auprès de mes parents et tes sœurs, et pour rester auprès de pépé, malgré toutes vos difficultés à vivre ensemble tu ne voulais pas le laisser. Quand je lui dis que tu ne reviendrais pas, il m'a dit qu'il aurait aimé que tu guérisses, mais pas pour lui, pour toi, pour que tu ailles vers Perpignan, chez ta sœur. Alors finalement, je me suis dit que derrière toute sa dureté et derrière toutes vos chamailleries, il devait bien y avoir un petit bout d'amour.

Et il y a quelques jours tu as retiré ton chapeau.

Bien sur c'est triste de te savoir partie mais comme toute les petites filles, je sais que ma mémé est partie au ciel, dans les étoiles et que de là haut tu veilleras sur nous, tu retrouveras tes êtres chers déjà partis. Et de là-haut, tu verras toute la misère et la souffrance de ta vie de tellement loin qu'elle te paraîtront insignifiantes et baignée dans l'immensité de l'univers tu regarderas tout cela d'un œil attendri et bienveillant.
Tu as un beau et long voyage à faire, peut-être le feras-tu sur un escalier en arc-en-ciel, dans un ascenseur de lumière, sur les ailes d'un ange...
Pour faire ton voyage il faut te délester de certaines valises trop lourdes pour l'ascension. Lâche tes sacoches de rancune, de tristesse, de culpabilité, laisse les disparaître. Sois libérée de nos rancunes, accepte notre pardon.
Nous avons des cadeaux à te glisser dans tes sacs, deux cadeaux qui t'aideront à faire le chemin. Le premier c'est un grand merci mémé, merci pour tout le bonheur que nous avons vécu ensemble, merci pour tous ces Noëls, merci pour tous ces bons repas que tu aimais nous préparer, merci d'avoir été ma mémé.
Le deuxième c'est un grand je t'aime, je te garde dans mon cœur, pour toujours.

La mort d'un proche nous invite à revoir nos priorités, la mort d'un proche nous invite à célébrer la vie, à donner le meilleur de nous mêmes chaque jour, sans exception, à vivre et à donner autant de bonheur et de joie que possible. La mort invite à l'amour.

Paix, joie, bonheur, amour pour vous tous.

Adieu mémé, bon voyage.

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